la douleur

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Description

Colloque organisé par carnet Psy et Catherine Chabert le 16 novembre 2013 à Paris

Dans la traversée de la vie, de ses tout-débuts jusqu’à son extrême fin, dans ses liaisons possibles avec le plaisir ou dans sa radicalité mélancolique, la douleur reste la compagne fidèle du corps et de psyché, « un pur éprouvé, impensable et indicible ». La douleur relève de l’effraction, par rupture des barrières, par excès d’excitation, une implosion violente qui déborde les limites du moi-corps. Si le privilège est accordé à l’expérience de satisfaction dans la construction du psychisme, du moi et de ses objets, dans la création des fantasmes et des représentations, la douleur fait toujours retour, Comme expérience humaine inéluctable et sans doute indispensable parce que toujours liée à la perte d’objet : « Là où il y a douleur, c’est l’objet absent perdu qui est présent ; l’objet présent, actuel qui est absent. Du coup, la douleur de séparation apparaît comme secondaire à une douleur nue, absolue. » écrit J. B. Pontalis. Il existe chez Freud une théorie originale de la douleur, très explicitement présente aux commencements – quelle qu’en soit la cause, la douleur est toujours réelle et violente -,et bien plus tard – le passage de la douleur corporelle à la douleur psychique, transforme l’investissement narcissique en investissement objectal. Elle se découvre aussi bien dans l’introduction du narcissisme qu’à propos du traumatisme, du masochisme et de la pulsion de mort. Cependant, ce qui nous importe au-delà de la théorie, c’est la place et la fonction de la douleur arrimée à la passion et au transfert : la réaction thérapeutique négative en constitue le paradigme puisqu’elle témoigne du refus d’un changement paradoxalement éprouvé comme un insupportable renoncement. Les formes et les forces de la douleur, la pluralité de ses expressions et de ses actions permettent-elles d’approcher son essence et sa spécificité ?

Colloque enregistré par CONGRES MINUTE

PROGRAMME

Introduction et conférence
Catherine Chabert / La douleur du transfert : une force d’attraction ?
« Un analyste qui ignorerait sa propre douleur psychique n’a aucune chance d’être analyste, comme celui qui ignorerait le plaisir – psychique et physique – n’a aucune chance de le rester », J.B. Pontalis, Entre le rêve et la douleur.
9H45–1OH45
1ère Table ronde : L’enfant des limbes
Sylvain Missonnier / Entre douleur et fureur, une passion de la haine en périnatalité
« La Coryphée : Malheureuse femme ! Hélas ! Infortunée ! Quelles douleurs sont les tiennes ! Où donc te tourner ?
Quelle demeure, quelle terre hospitalière trouveras-tu, qui te sauve du malheur ? Dans quelle tempête, ô Médée, dans quels maux sans issue un dieu t’a-t-il jetée ?
Médée : Les malheurs m’assaillent de tous côtés. Qui le niera ? Mais les choses ne se passeront pas ainsi ; ne le croyez pas encore ! », Euripide, Médée.
Bernard Golse / L’enfant et la douleur autistique – Entre pulsion et objet
L’enfant autiste se situe, comme on le sait en deçà de l’intersubjectivité, dans les limbes du Self. Qu’en est-il de sa souffrance psychique alors que l’objet n’est pas encore constitué ?
L’absence d’objet peut-elle donner lieu à une excitation pulsionnelle comme il en va au départ de l’objet ?

2ème Table ronde
: Ce temps qui ne passe pas
Jacques André / L’évènement de la douleur… quand l’enclos du moi n’arrive plus à joindre les deux bouts.
Alexandrine Schniewind / Temporalités douloureuses et ennui « L’enfant avait jusque-là presque toujours joué seul, tranquille et heureux, absorbé, à la différence de l’adulte
qui lui ne jouait pas, sombre, crispé sur lui-même », Peter Handke, Histoire d’enfant.

12H15–12H45
Paul Denis / Restriction de la douleur, douleur de la restriction
« Oui, même le grand amour vacille, on en oublie le prix du beurre car l’âme se resserre, toute entière,
au trou étroit de la molaire », Wilhelm Busch.
12H45–14H1 5 Déjeuner

14H15–15H15
3ème Table ronde : Entre le rêve et la douleur
Michèle Emmanuelli / Trajectoires de la douleur
« Ils ont pétrifié ma vie mentale en voulant m’éviter la souffrance », Masud Khan, Figures de la perversion.
Vincent Estellon / La douleur d’exister
« La pensée a, parfois, pour espace la douleur. L’absent est alors l’objet de haine de l’amour. », P. Fedida, L’absence.

15H15–16H15
4ème Table ronde : Une idée incurable
Catherine Azoulay / Psychose, douleur et création : des liaisons singulières
« On se sauve de la mort par la création », Didier Anzieu, Le corps de l’oeuvre.
Maurice Corcos / Eros doloris
« A la différence des autres maladies, la vie est toujours mortelle et ne supporte aucun traitement.
Soigner la vie ce serait vouloir boucher des orifices de notre organisme, en les considérant comme des blessures.
A peine guéris, nous serions étouffés. », Italo Svevo, La conscience de Zeno.

16H45–17H45
5ème Table ronde : Le mort et le vif entrelacés
Françoise Neau / Se survivre en penser « Le contre-transfert (…) c’est quand nous sommes touchés au mort. (…) le « touché au mort » indique la mort de la réalité
psychique (…) et c’est là, avec cette rencontre de la mort de la réalité psychique, qu’il y a emprise du contre-transfert. »,
J.B. Pontalis, Entre le rêve et la douleur
Benoît Verdon / La maladie d’Alzheimer, entre présence et absence à soi-même
« Dilemme dans lequel l’analyste se trouve pris : « être tortionnaire ou être victime » ; la confrontation à l’accomplissement
d’une menace plutôt que d’un désir. (…) La vie n’engendre pas toujours la vie !», J.B. Pontalis.
17H45–18H15
Conclusions Catherine Chabert

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