l’éducation

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Semaines sociales de France Session 2016 : « Ensemble, l’éducation »

Introduction
Chacun s’accorde à reconnaître que l’éducation est une question centrale pour le pays. Les débats sur l’école ont marqué l’histoire contemporaine. Sans doute le fait que tous les Français soient passés par les mêmes étapes et aient suivi un même programme, contribue-t-il à faire de l’école une référence commune. Il n’y en a plus tant. D’un côté, l’école en France a atteint des objectifs à peine rêvés par les républicains des siècles précédents : le système éducatif assure la scolarisation de tous les enfants, de trois ans jusqu’à vingt ans en moyenne. De l’autre pourtant, l’école semble concentrer toutes les critiques : difficulté à assurer l’acquisition du socle commun des compétences, incapacité à déjouer véritablement la reproduction des inégalités, la sanction des classements internationaux, les résistances à chaque changement, une insertion professionnelle insuffisante…
Ce constat d’échec de l’école, si souvent répété et peut-être trop vite admis, révèle en lui-même l’une de ses causes : nous en demandons trop à l’école. Celle-ci est chargée tout à la fois de transmettre des connaissances, de former des citoyens, de permettre l’épanouissement individuel des enfants, de leur apprendre à vivre en collectivité, de préparer leur insertion professionnelle, de lutter contre les discriminations, de compenser les inégalités sociales… Dans un monde marqué par une complexité de plus en plus grande, les attentes éducatives n’ont cessé en effet de gagner en diversité.
Il nous faut alors rappeler que l’éducation ne se limite pas seulement à l’école. Dès la naissance et tout au long de la vie, l’éducation se vit aussi en famille, au travail, dans la vie associative, sportive ou culturelle, dans les communautés religieuses, sans oublier le rôle croissant des « pairs » ou des médias… Les acteurs de l’éducation sont nombreux. Et pourtant, ils se sentent isolés, chacun ayant le sentiment de compenser, à son niveau, les insuffisances des autres.
C’est cette co-responsabilité des acteurs de l’éducation que nous avons choisi de placer au cœur de notre session 2016 des Semaines sociales de France. Nous ne chercherons pas à formuler une énième proposition de réforme de l’école, mais nous porterons la conviction qu’il faut mettre en œuvre une pluralité de responsabilité.
Nous nous demanderons aussi comment sortir d’une situation paradoxale où dans le même temps on conteste la multiplication des réformes et on se désole que rien ne change ; alors même que certaines initiatives sont déjà anciennes, comment expliquer que ces expérimentations qui semblent si positives, n’aient pas été plus largement reprises et adoptées ?

SAMEDI
9h Ouverture
Dominique Quinio (présidente des Semaines sociales de France)

9h45 Quelles finalités pour l’éducation aujourd’hui ?
Dans la perspective d’une alliance, il faut commencer par parler des finalités que devraient partager les membres de l’alliance. À défaut d’une vision partagée des buts, on continuera inexorablement à observer cette fragmentation des acteurs de l’éducation, enfermés chacun dans le sentiment de corriger les déficiences des autres. Il y a ici un enjeu particulier pour les chrétiens. Sommes-nous capables, à partir d’un point de vue chrétien, de formuler une proposition universelle concernant les finalités de l’éducation, qui puisse être partagée par tous les acteurs de notre pays, profondément attaché à la laïcité et aux « valeurs de la république » ?
Il ne s’agit pas ici de nous contenter de rouvrir le livre de notre héritage pour y relire ce qu’il dit de l’éducation, mais, en s’appuyant dessus, de formuler une proposition à l’ensemble de la société. Tenter aujourd’hui une formulation ouverte des finalités de l’éducation est d’autant plus important qu’en France, l’éducation initiale notamment s’est constituée sur un antagonisme entre l’Eglise et l’Etat républicain laïc.
Dans quelle mesure, et à quelle condition, la conception personnaliste actualisée (redonner le goût des biens communs, valoriser les singularités, trouver dans la diversité un enrichissement, apprendre au long de la vie et donc apprendre à apprendre et à transmettre) pourrait-elle rejoindre les préoccupations d’une communauté plus vaste d’éducateurs ? Y a-t-il, en somme, un « socle commun de finalités éducatives » dans la France d’aujourd’hui auquel les chrétiens peuvent contribuer ?
Intervenants :
Pascal Balmand (Secrétaire Général de l’Enseignement catholique)
Jean-Louis Bianco (homme politique, président de l’Observatoire de la laïcité)
10h30 Débat

11h30 Les défis de l’éducation aujourd’hui
Après avoir rappelé les grandes finalités de l’éducation, nous nous demanderons pourquoi, de manière aussi largement partagée, l’éducation constitue aujourd’hui un problème ou un défi. Autrement dit : pourquoi est-il difficile d’éduquer aujourd’hui – plus difficile, semble-t-il, que jamais ?
Les éléments de réponses à cette question sont nombreux : le délitement du sentiment d’appartenance aux « groupes » évoqués ci-dessus, qu’il s’agisse de la nation, de la famille, des autres corps intermédiaires ; la « transition fulgurante » des technosciences qui rend problématique la transmission des savoirs et estompe même les notions de formation initiale ou continue ; ou encore le développement interculturel dans un contexte de mondialisation et de migrations etc.
Le regard historique et l’apport sociologique, entre autres, seront utiles ici. Sur le plan historique, il faudra se demander si la « société éducatrice » a déjà vraiment existé. Y avait-il autrefois une telle convergence entre école, entreprise, famille etc. ? Et si oui, est-ce que ce qui a changé est uniquement négatif ou plus difficile ? On évitera la tentation de croire que « c’était mieux avant », et sans minorer les difficultés présentes, on signalera les évolutions positives.
Intervenants :
Bernard Hugonnier (professeur honoraire en sciences de l’éducation, ancien directeur adjoint de l’éducation de l’OCDE)
Jean Caron (philosophe, enseignant)
Edith Tartar Goddet (Psychosociologue, psychologue clinicienne)
12h15 Débat

17h La réalité des alliances éducatives
Aussi bien les finalités profondes que les défis actuels de l’éducation nous conduisent à ce constat : aucune institution ne peut prétendre y répondre seule. De fait, aucune n’est effectivement seule chargée d’y répondre. Au contraire, les acteurs de l’éducation sont nombreux : famille, école, organismes d’éducation populaire ou d’éducation spécialisée, entreprise et monde du travail, collectivités, milieu associatif, sportif, culturel, communautés religieuses et congrégations, médias et réseaux sociaux etc.
Au cours du Festival forum qui précède, les participants auront rencontré différents acteurs et découvert quelques expériences. Il s’agit maintenant de proposer, en plénière, une vue d’ensemble en s’attachant en particulier aux interactions existant entre ces acteurs. C’est bien dans une alliance éducative qu’ils peuvent contribuer à l’éducation de personnes, dont l’unité se fait par une pluralité d’expériences de sources diverses. Il s’agira donc d’illustrer comment se met en œuvre cette alliance éducative.
Cette séquence donnera la parole à des personnalités qui ont agi ou qui agissent dans un mode de fonctionnement coopératif qui permette de dépasser les blocages.

Acteurs « Familles » : Rémy Guilleux (administrateur de l’UNAF, président du département Education – Jeunesse) et Timothée de Fombelle (écrivain, auteur de livres pour enfants)
Acteurs « Publics fragiles » : ATD (groupe CESE « Croisement » ayant contribué au rapport « Grande pauvreté et réussite scolaire » : Marie-Aleth Grard, un chercheur, un enseignant, un parent solidaire et deux parents)
Acteurs « Formation et insertion socio-professionnelle » : Nicolas Truelle (DG Apprentis d’Auteuil) et Florence Poivey (chef d’entreprise, présidente de la commission éducation, formation, insertion du Medef)
Acteurs « Education populaire et sport » : Yannick Jauzion (ancien rugbyman de l’équipe de France) et Caroline Le Gac (Scouts et Guides de France).

DIMANCHE
8h45 Célébration eucharistique

10h40 Présentation du « livre ouvert »
La matinée du dimanche commencera par la présentation du « livre ouvert », synthèse du travail préparatoire organisé par les Semaines sociales tout au long de l’année, avec les séquences organisées par les antennes et via la plateforme collaborative. Cette présentation aura été enrichie par la première journée de la session (festival/forum et contribution « enfants/jeunes »).
Intervenants :
Christine Rossignol (Apprentis d’Auteuil) et Pierre-Yves Stucki (Semaines sociales de France, pilote du groupe de préparation)

11h10 Dialogue avec le monde politique
Nous inviterons ensuite le monde politique à réagir à ce travail. Dans le contexte particulier de la campagne présidentielle, l’invitation sera faite à 6 partis (qui devront se faire représenter par un conseiller qualifié sur les questions d’éducation et en aucun cas par leur candidat). Notre livre ouvert aura été adressé à l’avance aux équipes de campagne qui auront pu en prendre connaissance.
A chacun, successivement, nous demanderons de répondre en 15’ à trois questions :
Parmi les propositions de notre livre ouvert, laquelle retiendriez-vous ?
Quelle proposition contestez-vous, et pourquoi ?
Quelle proposition manquante voudriez-vous ajouter ?
L’objectif est que les politiques écoutent d’abord ce qu’on a à dire, et réagissent ensuite.

14h45 Renouveler le pacte éducatif
Alors que la mondialisation des religions et des cultures nous fait bouger, alors que le numérique nous fait bouger, nous sommes appelés sur ce terrain de l’éducation à « faire ensemble quelque chose de nouveau ».
« Le pacte éducatif a été cassé par le phénomène de l’exclusion » dit le Pape François. Le monde ne peut progresser avec une éducation qui sélectionne uniquement sur des bases intellectuelles. Il faut retrouver l’humain dans toutes ses composantes, l’une d’entre elles étant la transcendance.
Julia Kristeva (psychanalyste, écrivaine),François Moog (théologien, doyen de l’ISP-institut Supérieur de Pédagogie à l’Institut catholique de Paris),

16h15 Conclusion
Dominique Quinio (présidente des Semaines sociales de France)

16h30 Fin de la session

 

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