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colloque  du cercle freudien en octobre 2014

« Guérison » est actuellement un signifiant dont la psychanalyse peut difficilement se servir. Elle ne peut pas non plus s’en passer.
Avant de l’amener vers d’autres horizons, le constat de la réaction thérapeutique négative au cœur de l’expérience fut vécu par Freud comme une menace dont la psychanalyse pouvait ne pas se remettre. Nous en sommes là aujourd’hui, alors que la psychanalyse subit un nouveau rejet.
La psychanalyse est née du soin des troubles psychiques et ceci reste un pilier. Même si Freud avance, en 1926, que « l’importance de la psychanalyse en tant que science de l’inconscient dépasse largement son importance thérapeutique », il continue à affirmer en 1932 qu’elle constitue « le procédé thérapeutique le plus puissant ». Non seulement le plus puissant, mais surtout le plus digne, car nous ne voulons pas d’une guérison obtenue par des procédés dégradants qui détruisent l’humain dans l’humain.
La guérison vient par surcroît. Cet énoncé, subversif au moment où Freud l’avançait et où Lacan le reprenait, visait à souligner la singularité du désir de l’analyste. La banalisation dont il est aujourd’hui l’objet implique-t-elle pour autant que la guérison puisse être négligée ? « Par surcroît » ne signifie pas « négligeable » — une négligence qui ferait alors le voile de l’incompétence, de l’imposture ou du cynisme.« Par surcroît », c’est le mode opératoire de la psychanalyse, qui s’engage, entre efficacité symbolique et transfert, sur la voie d’une « guérison » singulière, impossible à programmer, impossible à prescrire.
Où en sommes-nous aujourd’hui ? Pouvons nous arracher les thèses de Canguilhem au discours médical et aux appareils idéologiques, et lui donner sa raison psychanalytique, au même titre que le corps qui pour nous est “ce qui se jouit”, ou que le symptôme qui est ce qui parle sans savoir ce que ça dit, c’est à dire ce qui constitue un savoir de vérité en souffrance, plutôt qu’une pathologie ? Il n’y a pas de psychanalyse sans psychanalyste.
La guérison est, depuis 1920, la boîte noire de notre art, et elle le reste. Pour autant, elle évolue en fonction des mutations socio-culturelles et des avancées de la science ; la guérison est confrontée, par exemple, au discours de l’efficacité. En ce sens, la notion de guérison dans la psychanalyse est indissociable de son pouvoir subversif, tel qu’il s’exerce sur les effets du surmoi collectif.
Le moment nous paraît venu de reprendre cette question que l’urgence politique nous impose. Les nouvelles formes de rejet que subit la psychanalyse pourraient, de ce point de vue, contribuer à réveiller les psychanalystes, salutairement.

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